Publié le 8 octobre 2021

Le prosulfocarbe : un pesticide volatile à interdire !

Le prosulfocarbe est une des molécules les plus utilisées comme désherbant en pré-levée des céréales d’automne, pommes de terre, carottes, oignons, certaines plantes à parfum, aromatiques, médicinales et condimentaires (PPAMC)… Les principaux produits commercialisés à base de prosulfocarbe sont : DEFI, SPOW, MINARIX, DAIKO et DATAMAR de Syngenta, ROXY et FIDOX de Belchim, et LINATI d’Adama. Cette molécule est très volatile, même dans des conditions d’usage strictes. La réglementation oblige les utilisateurs, au-delà des règles de base d’usage des produits phyto (distances, vent, matériel antidérive), à vérifier la présence de cultures non-cibles :
– dans un rayon de 500 m, avec l’interdiction d’épandre ces produits avant la récolte des cultures non-cibles,
– dans un rayon de 500 m à 1 km, éviter d’épandre avant la récolte des cultures non-cibles*, ou, en cas d’impossibilité, appliquer le produit le matin avant 9 heures ou le soir après 18 heures, en conditions de température faible et d’hygrométrie élevée.

Les productions menées en agriculture biologique sont toutes concernées ! Et effectivement, des parcelles de sarrasin ont été contaminées à l’automne dernier et déclassées. Il est très difficile de cibler les producteurs émetteurs et donc responsables, car le produit peut polluer au-delà du kilomètre réglementaire.

– Une démarche préventive peut être réalisée auprès de vos voisins susceptibles d’utiliser ces produits dans la limite de 1 km : signalez-leur la présence de vos parcelles en bio, y compris en prairies, qui risquent le déclassement si elles sont contaminées. Ils ne devraient réglementairement pas utiliser de produits à base de prosulfocarbe dans ce rayon !

– La CAB va poursuivre son action syndicale auprès des pouvoirs publics (DRAAF, PREFECTURE), en lien avec la FNAB, pour interdire cette molécule dangereuse pour la Bio. Le prosulfocarbe n’est pas compatible avec l’agriculture biologique !

Que faire en cas de contamination ?
Le réseau CAB/GAB soutiendra tous les adhérent.e.s touchées. La base est de collecter les preuves que la pollution vient de votre voisin, en faisant appel à un huissier présent pour le prélèvement d’échantillons, prises de photos ou vidéos. Il est important de ne pas « personnaliser » le conflit, autrement dit vous n’en voulez pas à votre voisin, mais vous demandez réparation. Il est important dès le départ d’informer votre assurance qui pourra contacter l’assurance de votre voisin et commencer à négocier des solutions, y compris amiable. Vous devez également informer votre organisme certificateur qui devra statuer sur le devenir de vos productions par rapport à la certification bio. Conservez également toutes vos factures (analyses, huissier…) pour qu’elles soient prises en compte dans le préjudice. En cas de non reconnaissance de sa responsabilité par votre voisin et la nécessité d’un dépôt de plainte, sachez que la procédure est longue (2 à 5 ans).

*Les cultures non-cibles concernées sont les suivantes : pommes, poires, mâche, épinard, cresson des fontaines, roquette, jeunes pousses, cerfeuil, coriandre, livèche, menthe, persil, thym, artichaut, bardane, cardon, chicorée, mélisse, piloselle, radis noir, sauge officinale.

Fiche ECOPHYTO sur le Prosulfocarbe