Publié le 1 février 2021

Retour sur le « Marathon de l’ABC dans le Gers » 16/17 décembre 2020


Il y a deux mois a eu lieu le « Marathon de l’ABC » organisé dans le Gers, il a réuni une vingtaine d’agriculteurs travaillant le sujet et des animateurs de groupe. Pour notre région, des producteurs et animateurs de Mayenne et de Vendée était présent. Voici un petit tour d’échanges et idées captées par nos radars.

Tout d’abord les essais d’Agrobio PACA sont intéressants car leur climat plus sec peut préfigurer de ce qui nous attend. Commençons par des retours sur du Blé/féverole : le blé deux rangs sur trois, et la féverole, détruite au binage en avril sur le dernier rang. Cette dernière augmenterait la fertilité épi et l’Indice de nutrition du blé. Parfois le blé gagne en protéine (0.8 max), parfois au détriment du rendement, des fois c’est le rendement qui monte. Comme toujours avec le vivant, les aléas des années entrainent forcément une variation des résultats, notamment sur la concurrence hydrique. Celle-ci est importante et pose problème quand la fèverole est détruite trop tard ou lors des printemps secs. Les résultats sont quand même jugés satisfaisants par les expérimentateurs. Un autre essai est sur du blé/luzerne, sujet qu’on entend de plus en plus partout en France. Dans l’essai PACA, il y a scalpage, deux fois si nécessaire avant le semis, celui-ci est précoce et des blés hauts sont utilisés. Il n’y a pas de déchaumage après la moisson et ils fauchent les chaumes et la luzerne ce qui permet une augmentation de la biomasse de la luzerne. Il faut, selon eux, utiliser des variétés de luzerne « indice 1 », des nordiques qui démarrent avec la durée du jour et non la température, permettant ainsi qu’elle ne se développent pas trop vite. Pour exemple, les luzernes françaises les plus dormantes seraient d’indice 3.5. Un dernier essai sur trèfle dans le blé, également très en vogue en ABC :même constat que les paysans mayennais récemment, le semis au printemps du trèfle marche moyennement, sans doute trop tard, trop sec. La stratégie serait peut-être de partir sur un semis d’automne dans les terres normales ou séchantes mais de privilégier le semis de mars dans les terres très fraiches où le semis d’automne risque de permettre au trèfle de passer au-dessus du blé.

Dans notre région, Julien Guéneau en Vendée a présenté ses essais de semis de méteil en SD dans des prairies avec un objectif de production maximale de biomasse. Cette méthode n’est pas maitrisée à 100% mais donne satisfaction à Julien depuis 4 ans. Semis le 15/09, quand il y a de l’eau dans le sol, pleine dose d’avoine (65kg/ha), et demi-dose de pois(15kg/ha), de féverole (75kg/ha) et de trèfle (7kg/ha). Un essai plus « contrôlé » est prévu en bande sur la campagne 2021. Affaire à suivre. Toujours en Vendée, Valérie teste beaucoup de chose aussi, notamment le corridor solaire maïs 1m50 (voir vidéo Sébastien Angers du Québec qui travaille ce sujet). Le maïs est semé nord/sud, puis le corridor est semé en engrais verts en juin (lablab-soja-lentille-luzerne-blé-trèfle). Pour Valérie ceci apporte de la biodiversité, augmente l’efficience en eau et concurrence les adventices. Parfois un peu trop et cela peut concurrencer la culture aussi. Là encore des essais de doses/variétés/espèces/modalités de semis sont à réaliser.

Du côté de l’ALPAD, CIVAM des Landes (ne pas confondre avec APAD), ils ont aussi essayé le maïs à 160 avec un 1er essai encourageant. Pour finir, l’Ariège réalise des essais similaires avec le duo fraise/bineuse, du semis direct de féverole dans des trèfle suite à la moisson du blé.

Globalement, d’autres échanges ont eu lieu sur le Strip-till. Des idées sont aussi dans l’air comme sur maïs, similaire à ce qui se fait en conventionnel mais en exploitant mieux les couverts végétaux et paillage. Par exemple scalper l’engrais vert à la fraise (toujours elle) puis dégager la majorité du mulch/paillage sur l’inter-rang permettant un semis sur le rang pour ensuite plus tard dans la culture remettre le mulch/paillage sur le rang en couvre sol. A ce moment il peut être intéressant de semer un engrais vert sur l’inter-rang. Technique à combiner avec le corridor solaire ? D’autres envisagent l’idée d’un « strip-till végétal » d’automne où l’on sèmerait une fèverole sur la ligne travaillée qui serait le futur rang de maïs. Ainsi on a un travail du sol assez profond à l’automne, « protégé » par la féverole, réexploiter par le maïs. A associer à un autre engrais vert en combinaison de la féverole sur le futur inter-rang du maïs.

Pour finir, sur les associations il a été réalisé une liste qui a rapidement été évoquée en collectif : Soja associé avec millet, sarrasin, colza ou blé. Tournesol : souvent les associations ratent, le fenugrec a été évoqué. Blé : féverole, pois chiche, colza, trèfle, prairie temporaire, trèfle incarnat. Pour le Colza : trèfles (Alexandrie, blanc, violet, sarrasin, féverole/hiver/printemps et pour le Maïs : haricot, cameline, courge

Des idées nouvelles, d’autres moins mais une chose est sûre, les participants, y compris les plus exigeants, ont exprimés une grande satisfaction, affaire à suivre… Des événements devraient avoir lieu dans notre région et notamment en Mayenne fin 2021 avec une semaine « terrain, agronomie et ABC » en septembre et un format plutôt colloque en décembre.

+ d’info dans le Bulletin Technique Grandes Cultures CAB 04 à sortir prochainement